Accueil > Carrières > Mutations > CAP CPIP 2013 : Déclaration liminaire

CAP CPIP 2013 :
Déclaration liminaire

mercredi 26 juin 2013  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Cette commission administrative paritaire est encore une fois la démonstration des défaillances persistantes de la gestion des ressources humaines dans les SPIP. Dans un contexte toujours plus tendu en terme de charges de travail et de manque de lisibilité, les perspectives sont révoltantes. Les incohérences et les décalages entre le discours politique et les actes posés sont flagrants.

Alors que l’administration pénitentiaire s’était engagée à tenir une CAP en avril, afin de garantir une meilleure anticipation des mouvements de conseillers d’insertion et de probation dans l’intérêt des agents concernés et de ceux des services, celle-ci se tient à la veille des congés d’été.

- Recherche de logement et de modes de garde, démarches administratives et inscriptions scolaires : le parcours du combattant attend nombre de ceux qui auront obtenu une mutation.

- Réorganisations de service au pied levé et/ou gestion de la pénurie continueront d’être le lot de la majeure partie des services.

Préférant mettre en place les « CPIP placés » coûte que coûte, l’administration pénitentiaire a fait le choix de s’atteler au problème des effectifs par le petit bout de la lorgnette. Le « dispositif » n’est pas plébiscité par les agents, nous ne nous en désolons pas. Les CPIP placés constituent une réponse inadaptée aux besoins actuels des services. L’exemple de la DISP de Rennes est criant, le non-renouvellement des contrats ne sera pas compensé par l’arrivée de titulaires. En effet les postes de CPIP placés laissés vacants à l’issue de cette CAP ne seront pas pourvus. Bilan de l’opération, au moins 5 postes seront perdus pour la DISP de Rennes.

Les discussions sur les organigrammes sont une nouvelle fois au point mort et le silence de l’administration sur le sujet est révélateur du peu d’intérêt pour la filière. Celles-ci auraient pu permettre entre autres d’établir :

- une référence en termes de ratio de suivis,

- une ventilation des créations de poste en fonction des besoins réels des services.

- et la prise en compte d’un TCCBS (taux de calcul pour la compensation des besoins des services).

L’administration pénitentiaire participe au démantèlement du service public en laissant les services et l’ensemble de leurs personnels dans une situation intenable. Les velléités de restructurations - fermetures d’antennes, départementalisation – et les méthodes employées pour y parvenir doivent être stoppées net. Il en va de même de la politique de recrutement d’emplois précaires : elle en train de se conclure par une politique de licenciement massif qui va inévitablement désorganiser les services et accroître les charges de travail. Il est impératif d’ouvrir des postes, nous pensons à certaines antennes délibérément asphyxiées : Péronne, Lure, Abbeville, Rochefort, …

Une nouvelle fois, les effets délétères de la préaffectation se feront durement sentir, notamment sur les DI de Lille et Paris, là où le remplacement des titulaires par des stagiaires épuisent les quelques forces vives restantes !

La dégradation des conditions de travail, la perte de sens de notre métier et la déqualification professionnelle conduisent à la démobilisation des personnels et à la fuite du corps. Les méthodes de management impersonnelles parfois rigides jusqu’à l’absurde comme dans le cadre du déploiement d’ORIGINE, la prééminence du formalisme au détriment du fond, restreignent le maigre espoir d’un changement de cap dans nos services.

Le temps d’une grande remise à plat est venu. L’administration doit en terminer avec la politique du rafistolage.

Pour la CGT, une réorientation en profondeur des politiques pénales est indispensable. Si nous soulignons les difficultés actuelles dans de nombreux services, nous ne participerons pas à la surenchère concernant le manque de moyen. D’autres solutions sont possibles.

Comme le soulignait M. Delarue lors de la conférence de consensus, « l’ogre pénitentiaire n’est jamais rassasié ». En réalité, les mesures du milieu ouvert ne sont pas alternatives à la prison, elles sont devenues alternatives à la liberté.

Le nombre des mesures suivies en milieu ouvert augmente proportionnellement au nombre de détenus. Les statistiques sont éloquentes. Or il n’est jamais tenu compte de ce paramètre pour envisager d’alléger les charges de travail dans les services pénitentiaires, il s’agit pourtant du vecteur principal sur lequel il faut agir rapidement.

Pour la CGT pénitentiaire, c’est la politique pénale dans son ensemble qui doit connaître une inflexion générale. Il est temps de réinsuffler de la cohésion, de la tolérance et de la liberté dans notre société.

C’est en tout cas le changement attendu par les personnels des SPIP.

Montreuil, le 26 juin 2013

Plan du site | Infos légales | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Haut de page