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Déclaration liminaire CTAP du 23 Novembre 2017.

jeudi 23 novembre 2017  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Monsieur le Directeur, Mesdames Messieurs,

Ce comité technique de l’administration pénitentiaire s’ouvre, une fois n’est pas coutume, avec un ordre du jour totalement en décalage avec la réalité des terrains et les attentes bien légitimes des professionnels.

Alors que dans les établissements, les PREJ et les services, les conditions de travail se dégradent de façon très inquiétante, les personnels souffrent de la perte de sens de leurs métiers, du manque cruel de moyens et de considération.

Après avoir dressé le triste tableau de ce qu’est la réalité au quotidien pour de nombreux personnels dont vous avez la charge, que dire des perspectives d’avenir qui commencent à se dessiner et qui se traduisent dans les lignes budgétaires pour 2018, premiers actes d’une future loi de programmation qui sera débattue lors du printemps prochain à l’assemblée nationale.

Là encore, les signaux ne sont pas très bon…

Une très grosse partie du budget, si ce n’est presque sa totalité, sera allouée à l’ouverture de nouveaux établissements et à leurs gestions, ne laissant que très peu de place aux restes des « réels chantiers de l’administration pénitentiaire » qui, quant à eux, ont été fortement oubliés par la Ministre dans sa feuille de route pour la Justice.

En effet, sur le volet emploi et les 732 ETP, aucun effectif supplémentaire ne sera consacré aux vacances d’emplois dans les établissements… C’est donc une année de plus de galère pour un bon nombre de nos collègues avec des rappels incessants, des conditions d’exercice des missions désastreuses et une vie de famille plus qu’impactée !

Que dire également des « 5 chantiers de la Justice » annoncés par la Ministre le mois dernier, si ce n’est le peu de place accordé à l’administration pénitentiaire…

Là encore, avec une seule thématique sur « le sens et l’efficacité de la peine », sujet certes ô combien important et qui aurait pu prendre tout son sens si derrière, le projet porté par le Ministère, était ambitieux, novateur et progressiste en matière de politique pénale.

Mais hélas, les éléments en notre possession nous laissent peu d’espoir…

Que dire des nombreux sujets oubliés dans nos instances de concertation tels que les Equipes de Sécurité Pénitentiaire (ESP), le volet attractivité et fidélisation ainsi que l’évolution du métier de surveillant de détention, etc.

Que dire également sur l’absence totale de thématiques pénitentiaires en faveur des personnels techniques et des personnels administratifs ?

Là aussi, le fonctionnement de cette administration nous montre bien toute l’importance qu’elle peut porter à ses personnels en déroulant ses différents projets malgré le manque d’échange et parfois même l’opposition unanime des représentants des personnels.

La situation est telle qu’elle devrait plutôt nous conduire à réfléchir tous ensemble, sans préalable ni exclusive, aux moyens et à l’évolution dont nous pourrions nous doter pour faire avancer le service public pénitentiaire vers un avenir meilleur que celui qui se dessine. Vous le rappeliez lors de la présentation du budget, nous allons passer les 40 000 agents en 2018, nombre qui a doublé en 25 ans, sans que pour autant rien ne change réellement pour nos collègues.

Monsieur le Directeur, cette administration s’enlise. Elle est au bord de l’implosion et de l’explosion !

Il est donc grand temps que cela change et pour ce faire, la CGT Pénitentiaire attend de vous que les différents sujets évoqués ci-dessus soient mis en débat, et que de réels moyens soient donnés à toutes les instances du dialogue social.

Et elle attend de ses élus de la nation qu’ils mettent leurs actes en adéquation avec leurs propos. Il faut nous donner les moyens correspondants aux déficits qu’ils constatent et qu’ils dénoncent lors de leurs visites des prisons !

Mais, tout changement ne pourra passer également que par l’instauration d’un dialogue social constructif et de qualité, et en ne s’interdisant aucune piste de discussions qui amènerait de l’innovation dans un secteur qui en a grand besoin.

La CGT ne se contentera pas de comités techniques qui se transforment en lieu de passage des seuls décrets et des orientations du gouvernement. Une place doit être trouvée aussi aux propositions des personnels dans nos CT.

C’est ainsi, Monsieur le directeur, que vous adresserez un geste fort à l’ensemble de nos collègues, lui démontrant enfin tout l’intérêt et la considération que devrait porter une administration à ses personnels.

Paris, le 23 Novembre 2017

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