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Projet de budget pour 2018 : Un budget de reconduction Des difficultés !

lundi 23 octobre 2017  |   Version imprimable   |   Envoyer par courriel

Le lundi 16 octobre 2017, le Directeur de l’Administration Pénitentiaire réunissait l’ensemble des organisations syndicales pour la présentation du projet de budget DAP pour 2018.

M. BREDIN a tout tenté lors de sa présentation, mettant en avant de prétendues augmentations de budget pour 2018, comparant l’incomparable, notre augmentation budgétaire par rapport à celle des autres administrations de l’Etat. Mais, comparaison n’est pas raison !

D’une part, ce budget s’inscrit dans celui discuté depuis mardi 17 octobre à l’Assemblée Nationale, c’est-à-dire, le budget de l’Etat. Et, s’il est bien une chose qu’on ne peut reprocher à ce gouvernement, c’est sa constance. Une constance qui a animé l’exercice budgétaire pour l’année 2018 : il faut sauver les riches !!!

Une tendance nette se dégage du projet de loi de finances (PLF) 2018 présenté à l’Assemblée : revenus du capital, gros portefeuilles et contribuables les plus aisés seront les grands gagnants. Salariés, retraités et ménages modestes, eux, ne seront pas épargnés.
Selon l’OFCE (l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques), 10 % des français les plus aisés concentreront 46 % des baisses d’impôts prévues sur le quinquennat.

A la lecture du projet global de loi de finances pour 2018, le constat alarmant va encore s’amplifier ! Le choix ultra libéral est assumé par le Gouvernement.

Dès le 1er janvier 2018, l’ISF disparaîtra au bénéfice de l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). Le manque à gagner pour l’État sera de 3,5 milliards d’euros.
Le Prélèvement forfaitaire unique (la fameuse « Flat Tax ») au taux de 30 % entrera lui aussi en vigueur dès le 1er janvier 2018 et entre autre, une diminution de « la charge fiscale pesant sur les entreprises » entrera en jeu.

Autant de cadeaux aux plus aisés que vont devoir payer de leurs poches les autres contribuables au travers de la hausse de la CSG, de la baisse des APL, etc.

Ces milliards d’euros de cadeaux faits aux plus riches sont autant de milliards d’euros de recettes fiscales en moins qu’il faut compenser quelque part.

Comme d’habitude, la variable d’ajustement que représente le service public de l’état fait son office : tous les budgets des ministères sont frappés avec 10 milliards d’économie, celui de la DAP n’y échappe pas !

Le DAP nous a présenté un projet de budget pour 2018 en hausse de 2 % par rapport au budget initial de 2017. Sauf que, à la lecture des deux documents budgétaires (2017 et 2018), le compte n’y est pas !!! Pour 2017, 3,636 milliards d’euros de crédits de paiement étaient initialement prévus contre 3,558 milliards pour 2018. Même si 136 millions d’euros de dépenses de santé des détenus seront transférés vers le budget du ministère de la Santé en 2018, ça ne fait toujours pas le compte car il n’y aurait alors, hors gel, que 60 millions d’augmentation, sachant que quelques ouvertures sont à venir (Aix 2 – Draguignan et Paris la Santé) et qu’il faudra financer les emplois qui vont avec !

Certes, ce budget ne sera frappé d’emblée que de 3 % de gel (mise en réserve) pour 2018 contre 9% en 2017, ce qui devrait faire une meilleure réserve pour boucler la fin d’année mais avec également l’inconvénient que le serrage de ceinture des dépenses sera immédiat !

Alors, il y a fort à parier que certaines mesures soient reportées sine die : déjà, les mesures PPCR (6,2 M€) sont différées et il se murmure que les différentes mesures statutaires auraient également une année dans la vue (réforme des PIP et des personnels de commandement).

A cela, viendra s’ajouter, comme pour l’ensemble des fonctionnaires, les annonces du Ministre du Budget, Gérald DARMANIN : la journée de carence, le gel du point d’indice et la hausse de la CSG sont maintenus pour 2018. Et le PPCR est reporté d’une année !

Pour la CGT Pénitentiaire, le budget 2018 pour l’Administration Pénitentiaire ne répond pas aux problématiques prégnantes de cette administration et de ses personnels : rien en emplois supplémentaires pour renforcer les détentions, les services, combler réellement les besoins des Extractions Judiciaires, renforcer le TCCBS, etc.

Rien en conséquence pour lutter contre le travail en mode dégradé en de masse, les charges de travail insensées, les rythmes de travail déments, l’insécurité, les conditions de travail détériorées, les rappels quotidiens, la santé des collègues entamée, les risques psychosociaux omniprésents et grandissants, vie de famille impactée, etc…Mais aussi, rien de plus pour rénover le parc existant, assurer des frais de déplacement pour garantir notamment la formation, etc.

Le budget 2018 présenté est en trompe-l’œil ! Il va accroître toutes les difficultés, plomber un peu plus nos collègues dans l’exercice de leurs missions de service public, aggraver leurs conditions de travail, leur santé et peser sur leur vie de famille.

La copie de Mme BELLOUBET est à revoir. La CGT Pénitentiaire appelle l’ensemble des personnels de tous corps à résister et à se battre pour gagner des moyens nouveaux !

Montreuil, le 23 octobre 2017.

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